LE SHISEÏ
Shiseï se traduit en français par : position, attitude, pose.
Sugata (shi) exprime la forme, la figure, la taille. Ikioi (sei) exprime la force, la vigueur, la vivacité. Shiseï contient ces deux sens.
Mais le sens shiseï ne désigne pas seulement une attitude exterieure: une bonne forme, un bon style, un bon maintient, mais aussi, une force interieure visible de l'exterieur dans sa manifestation, par exemple, la vitalité chez un enfant apparente au travers de sa vivacité, de ses yeux vifs, de ses mouvements...
Le grand adepte du sabre Miyamoto Musashi dit, parlant du shiseï martial: " Le visage est calme, ni tourné vers le haut, ni vers le bas, ni vers le côté, les yeux clos légèrement, sans mouvement des globes oculaires, le front sans un pli, les sourcils légèrement froncés, la nuque droite, les vertèbres cervicales pleines de force. Au-dessous des épaules tombantes, le corps est parfaitement décontracté, la colonne vertébrale est en place, les fesses rentrées, les hanches ne sont pas vrillées, le ventre est fermement arrondi ".
En aïkido, on appelle sankakutaï une telle posture souple, équilibrée, permettant de se mouvoir librement, tel un tétraèdre régulier qui, en tournant, devient cône.
KOKYU
Haku (ko) expirer
Suu (kyu) inspirer
Au début de la pratique, il est bon d'insister sur l'expiration puis laisser l'inspiration se faire. La respiration se fait par le nez. L'inspiration se fait bouche fermée, les molaires légèrement serrées, la langue en contact avec le palais.
Dans la pratique du Budo, il arrive que l'inspiration soit rapide, que l'on retienne longuement l'air dans les poumons, que l'on ait besoin de le rejeter rapidement ou au contraire lentement.
Pendant l'exercice, il faut prêter une très grande attention à la maîtrise du kokyu.
kokyu ne consiste pas uniquement à renouveler l'air des poumons mais à rejeter les impuretés. Il est nécessaire, durant sa pratique, d'avoir le sentiment de s'emplir à nouveau d'un Ki pur.
Le Ki, ainsi emmagasiné, sort avec sa puissance quand le besoin s'en fait sentir. Ce rayonnement constant du ki est le Shiseï juste.
KAMAE
Dans le Budo, on dit souvent " ce qui est important est Kamae ". Dans la langue japonaise, il a pour sens: se préparer, se mettre en garde.
Le verbe kamaeru se traduit par: fabriquer, construire, préparer, attendre avec intensité, être à l'affût, sur le qui-vive.
La bonne garde est une garde sans garde, de manière à ce que vous puissiez trouver la bonne réponse, quelle que soit l'attaque, n'importe où, n'importe quand, à partir de n'importe quelle position.
MA AI
Ma aï est le mot qui définit la relation spaciale entre Aïte et soi-même. La position d'où il est facile d'attaquer ou de se défendre. le ma aï n'est donc pas seulement une notion de distance. Il faut y inclure le mouvement des coeurs dans l'espace. Si j'ai peur, l'espace semble trop petit, si j'ai trop comfiance en moi, l'espace semble trop grand.
L'idéogramme ma est constitué: de la porte et de la lune. C'est la lune perçue par l'interstice des portes fermées. Nous dirons: quelles que soient les portes, il reste toujours un interstice pour laisser filtrer la lumière de la lune. De même, si parfaite que soit la garde, il y a toujours un interstice où se glisse la lumière de la lune. Pourquoi cette force dans l'interstice ? Simplement parce que cette fente, si minime soit-elle, contient l'espace vide tout entier.
Le aï de ma aï est le même aï que le aï de aïkido avec le sens de faire Un, mettre en ordre, Harmoniser... Ma aï est donc, l'espace qui naît à la fois du coeur et de l'esprit, de soi-même et de l'autre, et les englobe tous deux dans une évolution constante vers la position la plus avantageuse.
IRIMI
Le irimi utilisé en aïkido, la loi irimi est la racine de l'aïkido.
On rapporte que O Senseï aurait transposé en aïkido la loi irimi qu'il avait saisie par l'étude approfondie de l'art de la lance.
L'idéogramme iri de irimi exprime l'idée de passer l'entrée de la maison, d'y pénétrer de soi-même ou de d'y être invité.
L'idéogramme mi donne l'idée de l'enfant dans le ventre de sa mère, avec le sens de plénitude, plénitude de chaire, d'os et de sang. Donc mi égale corps.
irimi serait de mettre son propre corps dans le corps de l'adversaire. Suivant la méthode de la lance, ce mot irimi est utilisé pour désigner l'action de pénétrer
victorieusement jusqu'à l'intérieur de la garde d'un adversaire, armé d'une arme plus longue que la sienne.
Quand deux forces se meuvent en direction opposée, la force qui en résulte est l'addition de ces deux forces, irimi est l'utilisation de cette résultante et de sa relation avec sa propre position au moment du croisement.
Nous appelons irimi issoku l'entrée d'un pas sur le côté de l'adversaire, étant soi-même dans la position pemettant irimi, en garde de profil, attaquant l'adversaire en lui renvoyant la force de son attaque, sans utiliser sa propre force.
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